Déclaration de rentrée du SNUEP-FSU

“La charge de travail va affecter les personnels jusque dans leur vie personnelle”

La rentrée 2019 “va être tendue et compliquée pour les personnels comme pour les jeunes”, alerte Sigrid Girardin, secrétaire générale du Snuep-FSU, le 28 août 2019. Inquiet du “travail supplémentaire” induit par la réforme de la voie professionnelle pour les personnels, le syndicat a alerté le CHSCT sur d’éventuels risques psychosociaux. Sigrid Girardin juge la priorité donnée au développement de l’apprentissage “irresponsable”. Le syndicat appelle les enseignants à se réunir lors de la prérentrée, ce 30 août. Si une contestation émerge, le Snuep “prendra ses responsabilités”.

“Nous sommes d’accord avec le ministre de l’Éducation nationale, c’est un nouveau lycée professionnel qui se dessine. Un lycée plus désorganisé, moins performant et qui va laisser de côté, encore plus, les élèves les plus en difficulté”, déplore Sigrid Girardin lors de la conférence de presse de rentrée du troisième syndicat de professeurs de lycée professionnel, le 28 août 2019.

Des emplois du temps à trou

Alors que la réforme de la voie professionnelle entre en vigueur, la syndicaliste estime que la rentrée va être “tendue et compliquée pour les personnels comme pour les jeunes”. Mise en place de la co-intervention, de la mixité des publics dans les classes – avec des élèves sous statut scolaire et des apprentis, nouveaux programmes… “La charge de travail induite par la réforme va affecter les personnels jusque dans leur vie personnelle”, redoute Sigrid Girardin.

Le dispositif de co-intervention, selon lequel les enseignants de lettres-histoire-géographie et de mathématiques-sciences devront enseigner 1 heure par semaine avec leurs collègues de disciplines professionnelles, “amène de fortes contraintes sur les emplois du temps”.

“Ça ne va pas être tenable. Une fois la réforme en place dans les classes de première et de terminale, un professeur de mathématiques aura 5 ou 6 heures de co-intervention par semaine. Leurs emplois du temps vont devoir être conciliés avec ceux de différents professeurs de matières professionnelles. Les emplois du temps à trou vont donc se multiplier”, ajoute Axel Benoist, co-secrétaire général. “On demande aux PLP d’être de supers-profs, capables de maîtriser plusieurs programmes à la fois”, critique encore Sigrid Girardin.

Un développement de l’apprentissage “irresponsable”

Selon le Snuep, le lycée professionnel va fonctionner avec 300 postes de PLP en moins pour autant d’élèves. “Pire, nous vivons notre premier plan social avec la fermeture de la moitié des filières de gestion-administration d’ici à 2022. 1 500 postes sont concernés”, ajoute Sigrid Girardin.

Autre sujet d’inquiétude pour le syndicat, le “développement de l’apprentissage au détriment de la voie professionnelle”. “Proposer à des jeunes de 15-16 ans un statut de salarié quand on connaît la dureté du monde du travail, c’est irresponsable et cela va à rebours du progrès social”, accuse la secrétaire générale.

Le syndicat annonce qu’il a alerté le CHSCT sur les “risques psychosociaux induits par la réforme”. Il sera entendu le 5 septembre. Il appelle aussi les professeurs de lycée professionnel à se réunir lors de la prérentrée, ce 30 août. “Nous allons mesurer si la contestation des collègues contre la réforme se transforme en mobilisation. Si c’est le cas, nous prendrons nos responsabilités”, assure Sigrid Girardin.

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