DÉCLARATION LIMINAIRE DU SNUEP-FSU lors de la CAPA du 11-02-2019

Nous ne redirons pas aujourd’hui ce qui a déjà été développé dans la déclaration liminaire de la FSU lors du CTA du 1 er février. Nous sommes des fonctionnaires respectueux des demandes de notre hiérarchie faites ce jour-là : limiter les déclarations, voire les communiquer à l’avance avec une promesse qu’elles seront lues, afin de ne plus « perdre » du temps en début de séance. Ainsi, notre hiérarchie est, elle aussi, dans la catégorie des bons fonctionnaires respectant la volonté Ministérielle de brider la parole des
représentants des personnels. Cela nous donne l’occasion de dénoncer l’article 1 de l’École dite de la Confiance qui étend un devoir de se taire à l’ensemble des personnels. L’ occasion aussi d’appeler
l’ensemble des personnels à signer la pétition en ligne de la FSU pour dénoncer l’extension du droit de réserve. Il est difficile de ne pas répéter ce point tant il marque un durcissement dans le management
même si nous perdons 30 secondes.
Nous l’avions déjà évoqué mais il n’est pas inutile de le rappeler les réformes qui frappent l’Éducation nationale modifient profondément le système éducatif français. Elles le rendent plus inégalitaire et plus
sélectif suivant le modèle « idéal » anglo-saxon que nous imposent les défenseurs d’un système ultra-libéral à l’image de notre Ministre. L’Enseignement professionnel sous statut scolaire en est particulièrement victime. Cela apparaît très clairement dans l’analyse des modifications du code de l’éducation introduite par la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel »: modifications qui n’ont
fait l’objet d’aucune concertation avec les acteurs de l’école. Ainsi, ce n’est pas moins de sept articles de cette loi, pilotée par la ministre du travail qui impactent l’ensemble du système éducatif :
– L’introduction des classes de troisième prépa-métiers qui préparent certain·es élèves de collège à aller en apprentissage,
– La modification du contrôle pédagogique de l’apprentissage qui est transféré en partie aux branches professionnelles,
– La reconnaissance des « écoles de production » qui pourront bénéficier d’un financement public,
– La redéfinition complète de la procédure de création et d’enregistrement des certifications professionnelles avec une réforme des CPC qui exclue les enseignant-es. (quid de la consultation
du CSE sur les référentiels de diplômes) et la dérégulation de l’offre de formation qui organise la concurrence entre organismes de formation et lycées professionnels.
Quant à la campagne publicitaire censée valoriser la voie professionnelle, comment vous dire la colère, l’écœurement et le sentiment d’être pris pour des imbéciles que ressentent les PLP qui, eux, ont la tête dans un quotidien bien loin des images de synthèse mises en avant qui renvoient l’image d’une école d’ingénieurs privée. Quelle honte !
Après le fond, la forme : les grilles horaires parues en janvier confirment la diminution des horaires des élèves et par ricochet des enseignants, mettant en musique ce pour quoi elles ont été faites : supprimer massivement des postes de PLP, y compris à la Réunion. Cela va bien sur contribuer à la voie de l’excellence !
Par ailleurs, nous voyons ressurgir un dossier que nous pensions réglé: celui de la création de BTS en lycée professionnel. En effet, il y a quelques années les échanges étaient extrêmement tendus entre les
IPR et les PLP, ces derniers considérant que nous n’avions pas les compétences suffisantes. De là, découlaient des problèmes de créations de postes et d’affectation des personnels. Voilà que ressurgissent les mêmes discours dénigrants et les mêmes volontés d’exclure les PLP des affectations, de ne leur attribuer qu’une part congrue des horaires alors que le BTS ouvre dans le lycée professionnel et créant des profils certifiés en LP. Nous demandons que les BTS ouverts en LP s’accompagnent de la création de
postes de PLP.
En conclusion pour faire court et être de bons fonctionnaires obéissants : le moral des PLP n’était déjà pas au beau fixe ces dernières années, après une dégradation important de leurs conditions de travail et la montée de la violence scolaire dont ils ont pris une part non négligeable. À ce jour, il ressort des échanges quotidiens que nombre d’entre eux s’interrogent sur la suite de leur
carrière… mais peut-être est-ce l’effet recherché pour se débarrasser des fonctionnaires.

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