COMMUNIQUÉ DE PRESSE FSU DU 16 MARS 2020

Face à l’épidémie, la mobilisation de tous les personnels de
la Fonction publique doit être reconnue, rien ne doit les mettre en danger.
De nouvelles mesures vont être annoncées ce soir par le Président de la République.
Le secrétaire d’État à la Fonction publique a réuni les organisations ce lundi matin pour décliner, dans la Fonction publique, le renforcement des mesures pour freiner la propagation de l’épidémie de coronavirus, vous trouverez le compte rendu de cette réunion sur le site de la FSU. La FSU est intervenue pour rappeler l’importance du service public, la nécessité de concilier continuité du service public, protection des agents et respect de leurs droits. La
non-application du jour de carence et la prorogation de tous les contrats arrivant à terme doivent être la règle. À cette heure, les réponses du secrétaire d’État ne sont pas satisfaisantes. La FSU exige que les personnels contractuel-les et vacataires puissent voir leur contrat prolongé, et qu’aucun personnel précaire ne reste sans traitement.
Dans cette période difficile, les agent-es de la Fonction publique sont particulièrement mobilisé-es, leur engagement et leur disponibilité dans l’effort collectif sont importants et ce malgré les difficultés matérielles qu’ils et elles rencontrent pour faire correctement leur travail.
En outre, les activités nécessitant la présence physique des agent-es dans les services doivent être réduites au strict nécessaire et impérativement assorties du matériel, avec les protections adéquates. La FSU demande à toutes les directions des services et des agences de l’État, ainsi qu’aux directions des collectivités territoriales, d’organiser les continuités de service nécessaires en faisant prévaloir le principe de précaution face à l’épidémie pour les agent-es comme pour le plus grand nombre. La FSU demande que
soient effectivement appliquées aux agent-es les recommandations en matière de limitation des déplacements et de contacts, de limitation drastique des réunions, de recours généralisé au télétravail et, quand leur présence est requise, que toutes les protections soient mises en œuvre. Conscient-es de leur responsabilité, les personnels mettent tout en œuvre pour assurer la continuité du service public avec les outils dont ils et elles disposent.
Les personnels volontaires répondent en particulier à la nécessité d’accueillir les enfants des personnels soignants et médico-sociaux qui ne disposeraient d’aucune solution de garde, ils doivent bénéficier des protections nécessaires (masques, etc), il est en revanche irresponsable d’exiger encore la présence des personnels dans les services hors situations nécessitant absolument une présence physique.
La FSU demande que les CHSCT soient réunis à distance à tous les niveaux pour prendre en compte toutes les situations et pour une gestion rapide et collective des urgences.
Les Lilas, le 16 mars 2020

coronavirus : Réunion ministre-syndicats DU 13-03-20

CECI EST LE COMPTE RENDU SEULEMENT : NOUS VOUS INFORMERONS ULTÉRIEUREMENT DES CONSEILS SYNDICAUX UTILES POUR LA RENTRÉE SELON LES BESOINS.

La fermeture des établissements n’est pas une fermeture physique mais une suspension de l’accueil des élèves. Le ministère « espère » qu’elle ne dépassera pas les vacances de printemps nationales, c’est à dire début mai. Le Ministère a laissé des possibilités d’organisations locales à l’appréciation des recteurs ou des chefs d’établissement… ! Ce qui pose déjà problème dans certaines académies.

L’exception à cette règle de non accueil des élèves est le service minimum pour les enfants des personnels soignants des hôpitaux.

Sur la situation des enseignant-es, le ministère affirme que la solution du télé-travail (à domicile) doit être la norme autant que possible : qui est de droit pour tous les personnels ayant en charge des enfants de moins de 16 ans. Les horaires de travail ne peuvent pas être identiques car le distanciel n’est pas le présentiel.

Pour le télétravail, le choix de l’outil relève de l’enseignant, il décide de son emploi du temps. Il ne s’agit pas de refaire ce qui se fait habituellement.

Les personnels ne pouvant télé-travailler, les AESH par exemple, seront eux en  à leur domicile.

Seuls les personnels qui organisent le fonctionnement et la sécurité sanitaire doivent y être présents (direction, personnels d’entretien, personnels administratifs..)

Pour les enseignants eux-mêmes parents, il faut privilégier le télétravail lorsqu’il est possible sinon ils bénéficieront d’une Autorisation Spéciale d’Absence.

Pour les réunions considérées comme importantes (conseil de classe,..) la visioconférence doit être privilégiée. Réunion en présentiel possible si volonté des personnels. Aucune réunion de plus de 100 personnes et gestes barrière à respecter.

Les PFMP sont maintenues sauf celles qui se déroulent dans les EPHAD ou les services hospitaliers.

Pour les personnels présentant des facteurs de risques, la liste précise des pathologies concernées va paraître rapidement sur le site du ministère. A titre conservatoire ils restent systématiquement en télétravail et bénéficieront d’une Autorisation Spéciale d’Absence au plus vite. Ils ne doivent pas être mobilisées pour la scolarisation des enfants de personnels hospitaliers.

Les salaires sont maintenus dans leur totalité.

Par ailleurs, l’agenda social du ministère n’est pas suspendu, le CHSCT ministériel par exemple se réunira bien vendredi prochain comme prévu.

Les concours sont maintenus également mais dans des salles plus petites avec de grandes distances entre les candidat-es.

COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL – Situation sanitaire : les agents de la Fonction publique exigent des réponses

CGT – FA – FO – FSU – SOLIDAIRES

Suite à l’allocution du président de la République hier, le ministère de la Fonction publique convoque lundi matin une réunion « relative à la gestion du Covid-19 dans les services publics de façon à assurer la mobilisation des agents et leur protection ».

Alors que nous traversons une crise d’ampleur planétaire, et comme précédemment lors de circonstances comparables, les services publics, la Fonction publique, celles et ceux qui les font vivre au quotidien sont en première ligne pour répondre aux besoins de la population dans des  conditions particulièrement difficiles.

Une fois encore, fonctionnaires et agents publics, régulièrement qualifiés de privilégiés – nous l’avons encore largement entendu ces derniers mois  concernant les retraites – se voient soudain parés de toutes les vertus et leur dévouement est unanimement salué.

Dans son allocution, le président a été bien obligé de reconnaitre l’apport des services publics (mais seulement quand le destin frappe…) et la  nécessité de les maintenir en dehors des lois du marché. Cette rupture dans les propos doit être transformée en rupture dans les actes car la crise en  cours est hélas la triste occasion de vérifier combien sont ravageurs les effets des coupes budgétaires décidées par les gouvernements successifs,  particulièrement à l’hôpital.

Outre les conséquences délétères des politiques d’austérité, outre la pression liée à la situation d’urgence, les conditions d’exercice des missions sont  aussi rendues difficiles par l’absence de cadre national clair en matière de gestion des effets de la crise pour les personnels.

Alors qu’un décret a été pris fin janvier pour le secteur privé concernant les absences des salariés et leurs effets en matière de rémunération, les   personnels de la Fonction publique sont à ce stade renvoyés à une circulaire nationale qui ne vaut que recommandation et à des dispositifs de gestion  décidés secteur par secteur. Le ministre Dussopt n’a rien trouvé de mieux à faire le 11 mars que de confirmer par un courrier que les personnels   touchés par le Coronavirus sont assujettis au jour de carence, en contradiction avec ses propos du 3 mars en conseil supérieur de la fonction publique  de l’État.

C’est intolérable !

Nous exigeons par conséquent des décisions et annonces gouvernementales urgentes sur les points suivants déjà soulevés dans de multiples interpellations :

– a minima la suspension immédiate du jour de carence (dont nous rappelons notre demande d’abrogation) – la mise à disposition des équipements indispensables tant pour les personnels exposés que pour les usagers – le respect plein et entier du droit de retrait des personnels

– un cadre national définissant les conditions d’autorisation d’absence des personnels et garantissant le maintien de leur rémunération lorsqu’ils sont confinés en raison de l’état de santé de leurs proches, contraints de rester chez eux pour garder leurs enfants ou maintenus à domicile en raison de la fermeture de leur service.

– l’arrêt des réformes en cours – notamment celle portant sur la suppression des CHSCT – et le retrait du projet de loi  retraites que le gouvernement s’acharne à imposer contre la majorité de la population et des organisations syndicales, dans un contexte de crise  sanitaire et économique qui ne permet pas le libre exercice du débat démocratique et de l’expression des revendications sociales.
Ces exigences seront au coeur de la réunion du 16 mars et le ministre Dussopt devra enfin y répondre.

Paris, le 13 mars 2020